Dimanche 8 février 2009 7 08 /02 /Fév /2009 16:33
Fallait oser. L'annonce a été faite la semaine dernière. Malgré un résultat positif en millions d'Euros, la Caisse d'Epargne ferme 19 agences en Normandie. Les économistes avertis verront inévitablement cette annonce comme un dégât collatéral aux pertes des banques des derniers mois dont la Caisse d'Epargne qui a accordé sa confiance à des produits financiers toxiques. On est professionnel ou on ne l'est pas !

Les clients de la Caisse d'Epargne verront sans doute dans cette annonce une volonté de la Direction de la Caisse d'Epargne de faire payer aux salariés de la banque la catastrophe financière. La Caisse d'Epargne nous a donc joué "A la recherche de la compétitivité perdue". Et une fois de plus, ce sont les salariés qui vont perdre... leurs boulots et les petits clients de la Caisse d'Epargne... leur agence. Des communiqués préconisant une pause concernant le plan social ont été publiés hier... petit vent de panique ? Sympa pour les salariés qui ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés.

Cette annonce fut doublement choquante car à la question pourquoi la caisse d'épargne ferme des agences, la Caisse d'Epargne a répondu sans complexe sur la nécessité de retrouver sa compétitivité - traduction : de fermer les agences non rentables - mais également sur le credo sécuritaire sous entendant que les petites agences situées en zone rurale seraient potentiellement en danger. Il faudrait prévenir les dirigeants de la Caisse d'Epargne qu'il est plus risqué aujourd'hui d'être bijoutier, vendeur de clopes ou pharmacien et que ce sont ceux-là qui sont malheureusement  les cibles des braqueurs d'aujourd'hui. Le braquage à la Dalton est mort depuis longtemps.

Devant une telle mauvaise foi et un discours que j'espère involontaire destiné à me prendre pour une conne, j'annonce solennellement aujourd'hui que je projette de fermer mon compte à la Caisse d'Epargne dans les jours à venir... Ca ne peut que les arranger... Je ne suis pas un client rentable.

Compétitivement vôtre.
Par Marie-Kristine - Publié dans : Râleries diverses et variées
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Samedi 17 janvier 2009 6 17 /01 /Jan /2009 23:52
Macaron n'en aurait pas voulu...

Vous vous rappelez de Macaron, celui qui se goinfrait de GATEAUUUUU dans rue sésame. Quand je lui ai envoyé la photo, il a fait une dépression et a quitté le métier.



A droite, le petit coeur de mon "enfance". Celui que nous connaissions du temps de sa splendeur... du temps de Macaron.

A gauche, ça doit être son arrière-arrière-arrière grand père. Ses contours ne sont plus aussi lisses. Une petite injection de silicone s'imposerait. Son coeur de chocolat est rabougri. Une petite greffe d'un vrai coeur de chocolat est à prévoir au plus vite (avis aux donneurs potentiels). Il transpire de trop ce petit coeur là. Il a du faire des excès de sucre de mauvaise qualité.

Franchement. Quelle merde ce petit coeur ! Voilà ce que de grandes entreprises nous refourguent aujourd'hui. De la merde ! Et en plus, il faut dire merci ! Dis merci au monsieur !

Qu'il s'étouffe avec ses stock-options au lieu d'essayer  nous faire bouffer ses cochonneries.


Par Marie-Kristine - Publié dans : Râleries diverses et variées
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Mardi 30 septembre 2008 2 30 /09 /Sep /2008 21:17
Le Sénat, pays où la vie est moins chère
LE MONDE | 30.09.08 | 16h28  •  Mis à jour le 30.09.08 | 16h28

érard Larcher, qui devait être élu, mercredi 1er octobre, à la présidence du Sénat, a déclaré vouloir une plus grande "transparence" sur les comptes de l'institution. Un audit des finances devrait être engagé. "Tout sera examiné, sans exception", a assuré le sénateur (UMP) des Yvelines.



Il faisait référence, notamment, aux conditions accordées au président sortant, Christian Poncelet, qui s'est vu attribuer par la questure du Sénat, depuis 2004, un appartement de 200 mètres carrés situé rue Bonaparte, dans le très huppé 6e arrondissement de Paris, dont il aurait la jouissance "à vie". Le secrétaire général adjoint de l'UMP, Xavier Bertrand, s'en est ému : "Il faut mettre un terme à cette idée aberrante d'avoir un appartement à vie pour le président du Sénat", a-t-il déclaré dimanche. Lundi, M. Poncelet a fait savoir qu'"évidemment" il libérerait cet appartement à la fin de son mandat de sénateur, en 2014.

Privilèges, opacité des comptes, cagnotte colossale, soupçons de favoritisme au gré des partenariats que le Sénat a tissés au fil des années dans le cadre des multiples manifestations auxquelles il est associé... Le nouveau président, s'il veut restaurer l'image de la seconde Chambre du Parlement, a du pain sur la planche.

Cette volonté de "transparence", pour lever toutes les zones d'ombre entourant les finances du Sénat, devrait tout d'abord le conduire à transmettre à la Cour des comptes l'ensemble des éléments utiles à leur certification. Depuis 2001, la loi en fait obligation. Le Sénat s'y est jusqu'à présent refusé. A la suite d'un échange de courriers avec le premier président de la Cour, le président du Sénat a simplement consenti à lui fournir des documents lui permettant de parvenir à "une assurance raisonnable" sur la qualité des comptes !

Comme tout budget de l'Etat, celui qui est attribué chaque année à chacune des Chambres parlementaires ne devrait pas échapper au contrôle. En annexe à la loi de règlement des comptes de l'année figure le récapitulatif de leurs crédits. En 2007, le Sénat a reçu une dotation de 314,5 millions d'euros, à laquelle s'ajoutent 11,5 millions pour le jardin du Luxembourg, 1,5 million pour le Musée du Luxembourg et 13,6 millions pour la chaîne parlementaire Public Sénat. Soit une dotation totale de plus de 340 millions d'euros.

Outre ces fonds publics inscrits au budget de l'Etat, le Sénat est assis sur un véritable "tas d'or" qui, lui, n'est assujetti à aucune règle, si ce n'est celle de la prospérité. Pour en comprendre l'origine, il faut faire un petit retour en arrière, lorsqu'en 1992 le gouvernement - de gauche - avait demandé le rapatriement au budget de l'Etat des excédents financiers des deux Assemblées. L'Assemblée nationale s'y était soumise, reversant en deux fois près de 4 milliards de francs. Le Sénat, alors présidé par René Monory, s'y était refusé.

Cette "cagnotte" a été placée et produit chaque année de somptueux revenus. La réserve du Sénat - habilement dissimulée sous la rubrique "caisse de retraite des anciens sénateurs" - s'élevait fin 2006 à 537 millions d'euros, dont 24 millions générés au cours de l'année par les intérêts des placements financiers. A cela s'ajoute une autre caisse, celle des personnels du Sénat : 613 millions d'euros fin 2006, dont 32 millions de résultats financiers au cours de l'exercice. Au total, le Sénat a engrangé, en 2006, 56 millions d'euros de produits financiers !

Le principal argument avancé par le Sénat pour justifier l'existence de ces réserves est que les ressources qu'elles génèrent permettent d'alimenter le régime autonome de retraite du Sénat, fondé à la fois sur la répartition - les cotisations - et sur la capitalisation, évitant ainsi de grever le budget de l'Etat. En réalité, sur les 24,3 millions d'euros de pensions que la caisse de retraite des sénateurs a versés à ses affiliés en 2007, 13,1 millions l'ont bien été par les produits financiers dégagés par cette caisse. Mais 7,9 millions ont été financés par les cotisations "patronales", c'est-à-dire en réalité le budget de l'Etat - et 3,3 millions par les cotisations des sénateurs. Le montant des cotisations "patronales" représente 2,4 fois celui des cotisations "salariales", alors que ce rapport est habituellement de l'ordre de 1,5.

Le système n'allège pas la charge de l'Etat, mais il permet de verser de confortables retraites aux sénateurs : une moyenne de 4 250 euros par mois servis en 2006, à comparer aux 2 880 euros versés en moyenne aux députés. Cela n'a pas empêché la majorité sénatoriale de partir en guerre contre les régimes spéciaux de retraite, à l'unisson du gouvernement.

Le Sénat dispose donc, au total, d'un budget de 340 millions d'euros et d'une double réserve de 537 millions et 613 millions d'euros. Le "magot" du Palais du Luxembourg atteint ainsi 1,5 milliard d'euros. Ces dotations et réserves budgétaires ne doivent pas être confondues avec ce qui est communément appelé la "réserve parlementaire". Il s'agit pour cette dernière de crédits ministériels, votés chaque année à la fin de la discussion budgétaire, et mis à la disposition des deux Chambres, proportionnellement au nombre de parlementaires. Ces crédits, de l'ordre de 55 millions d'euros pour le Sénat, sont gérés discrétionnairement par le président et le rapporteur général de la commission des finances, qui les répartissent entre leurs collègues.

Le Sénat est riche. Et son patrimoine immobilier considérable. Bien sûr, il y a le Palais du Luxembourg, superbe monument édifié par Marie de Médicis au XVIIe siècle, et son annexe du Petit-Luxembourg, où réside le président du Sénat. Sans oublier les 25 hectares du jardin du Luxembourg, ses essences rares, ses richesses architecturales. Autant de lieux de promenade, de visite, d'expositions, de spectacles, de colloques et de réceptions qui en viendraient presque à faire oublier la vocation de la seconde Chambre du Parlement.

Mais il y a aussi les dépendances, moins connues du grand public. Le Sénat a toujours su veiller au confort de ses membres, même si les sénateurs les plus assidus et les plus laborieux - il y en a - se plaignent constamment de conditions de travail jugées "indignes" d'un Parlement moderne. Au fil des décennies, le Sénat a donc procédé, dans le quartier du Palais du Luxembourg, à de nombreuses acquisitions. La fonctionnalité n'est pas toujours leur qualité première, mais leur valeur immobilière, elle, est incontestable.

Derrière le porche du 64, boulevard Saint-Michel, un charmant hôtel particulier héberge ainsi le premier questeur du Sénat, qui peut accéder directement, par l'arrière, aux jardins du Luxembourg. Les deux autres questeurs disposent chacun d'un étage dans l'immeuble du 46, rue de Vaugirard, 1 724 mètres carrés acquis en 2002 pour la coquette somme de 8 millions d'euros, sans compter les importants travaux de rénovation qui y ont été engagés. Le Sénat possède également, dans la même rue, les bâtiments situés au 20 et 26 à 36, ainsi que les immeubles des 6, 8, 10 et 13, rue Garancière, 9, 11 et 13, rue de Servandoni, 20, rue de Tournon, 92, boulevard Raspail et 75-77, rue Bonaparte.

Ainsi les principaux dignitaires du Palais du Luxembourg et ses hauts fonctionnaires bénéficient-ils de conditions de logement défiant toute concurrence. Encore le Sénat a-t-il dû renoncer à contre-coeur, en 2005, aux logements de fonction dont il avait l'usage au château de Versailles. Après la polémique suscitée par l'affaire du duplex de 600 mètres carrés occupé par l'ancien ministre de l'économie Hervé Gaymard, le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, avait fait adopter une proposition de loi restituant au château de Versailles les 25 000 mètres carrés - à l'exception de l'aile du Midi, où se réunit le Congrès - distraits par le Parlement. Ces pavillons, ces logements restaurés servaient de lieux de villégiature ou d'hébergement pour des hautes personnalités de l'Assemblée et du Sénat ou leurs invités. Adieu la vie de château !

Le Sénat continue pourtant à mener grand train. Avec ses 343 sénateurs, ses 1 226 fonctionnaires - dont 2 secrétaires généraux, 22 directeurs et 220 administrateurs (cadres) - dont les salaires comptent parmi les plus élevés de la fonction publique, et plus d'un millier d'assistants parlementaires, le Sénat est un Etat dans l'Etat. Pour qu'il puisse espérer retrouver une image vertueuse, cela suppose d'abord qu'il accepte, en matière budgétaire, de se soumettre - enfin - à la règle commune. Au futur président d'indiquer, à présent, ce que seront ses choix.


Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 01.10.08
Par Marie-Kristine - Publié dans : Râleries diverses et variées
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Mercredi 13 août 2008 3 13 /08 /Août /2008 10:48
Ma petite ville de campagne, à peine 2 000 habitants. Son église, ses commerces, son centre aquatique, son marché !

Marché auquel je me rends quasi chaque semaine, retrouver le maraîcher, le poissonnier, la vendeuse de fruits et légumes avec laquelle je me paye des bosses de rigolade, mes petites marchandes de produits biologiques. Je dis petite mais en ce qui concerne l'une d'elle je suis en dehors de la réalité parce qu'elle est très grande. En fait, petit ou grand, quand on fait du bio, on est forcément grand et fort pour résister à la vague consumériste entretenue par les pouvoirs publics, les lobbies de la grande distribution et autres refourgueurs d'OGM.

Donc, sur mon petit marché, hier matin, grande effervescence ! Palpable. Une certaine tension régnait parmi les commerçants et les promeneurs (je n'ose dire consommateurs, pouark !), en tout cas, elle faisait jaser dans les files d'attente. Cette tension avait la couleur bleu de l'uniforme des gendarmes venus contrôler que chaque exposant était bien en règle, accompagnés de quelques agents de la répression de fraudes. Bigre !

Les voilà arrivés chez nos amies biologiques. Inspection de la certification, contrôle des étiquettes...
Ah ! Madame, il vous faut mettre la provenance des produits. Saperlipopette ! (oui, je suis pour une relocalisation des gros mots, merde et devenu trop mondialisé pour moi). Ils viennent de mon  jardin puisque biologiques. A priori, ces commerçantes là  ne viennent pas d'Espagne ou d'Italie chaque semaine pour venir sur le petit marché de Normandie. Qu'à cela ne tienne, c'est la règlementation. Bon. Acte ! Origine : France.
Ah ! Madame, il vous faut mettre la catégorie à laquelle appartiennent les produits. Pour le produits biologiques, c'est catégorie 2 ! Ronntudju ! (ça c'est pour les belges). Catégorie 2 pour des produits biologiques. Ils sont cultivés sans pesticides, dans un environnement sain, ne participent pas à la pollution de la planète, ne subissent aucun traitement après récolte et ça, ce n'est pas de la catégorie 1. Mais ça devrait être hors catégorie ou plutôt si catégorie 1+, XXL dans l'excellence environnementale.
Oui, mais Madame, regardez bien. vos légumes ne sont pas assez beau pour entrer dans la catégorie 1. Gaspe ! (ça c'est pour ma mère.) Pas assez brillants, contours irréguliers, un peu de terre par ci, un peu de tâches par là. Bref, vos légumes, ils sont un peu moches pour le consommateur que je défends.
La rage au coeur, au ventre, à la tête, aux pieds, mes légumes sont de catégorie 2. Ô rage, ô desespoir, ô règlementation crétine, n'ai-je donc tant travaillé que pour cette infamie...

Gardons la tête froide et réfléchissons. Si j'ai bien compris, la définition d'un végétal de catégorie 1 serait celle-ci : contour nickel, brillance impeccable, aucune aspérité, aucune trace de l'élément naturel dans lequel il est censé avoir poussé. La catégorie en question ne prend pas en compte le goût : puisqu'il est beau, il ne peut pas être dégueulasse (celui-la, je l'aime bien) ; et s'il l'est, c'est tant pis pour toi ou pour ton porte-monnaie. Elle ne prend pas en compte non plus le nombre de kilomètres parcourus en avion ou bateau avec son quota de CO2 à la clé. On s'en fiche aussi s'il a été irradié après récolte : après les fuites de la centrale du Tricastin, c'est pas un peu d'irradiation sur une pomme qui va traumatiser qui que ce soit.
Quand on y regarde de plus près, elle est très bling, bling cette catégorie.

En ce qui concerne cette règlementation, elle est de catégorie 1 sur l'échelle de la connerie administrative. Il fait quoi le Grenelle de l'environnement (dont on entend plus parler d'ailleurs). Une reconsidération de cette règlementation serait bienvenue avec prise en compte de l'impact sur l'environnement de tout produit cultivé dans ce pays avec une grosse campagne d'information pour inciter les gens à consommer intelligemment. Il y sont prêts, j'en suis convaincue.

Saperlipopettement vôtre.
Par Marie-Kristine - Publié dans : Râleries diverses et variées
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Vendredi 8 août 2008 5 08 /08 /Août /2008 20:53
Je sais. Je n'aurais peut être pas du. Flanquée dans mon canapé après déjeuner. J'avais servi à manger à ma tribu et zappait bêtement quand je suis tombée sur Nicolas. Après tout pourquoi pas. Il faut savoir écouter, même ceux que l'on aime pas et que l'on combat. J'avais envie de voir son numéro sur sa présence à Pékin.

Interview hautement politique face à un Gérard Holz béat devant THE président. Il opinait de la tête à chaque argument de Sarko d'un air de dire "qu'est ce qu'il est intelligent". Ceci dit pour une fois, j'ai trouvé qu'il en avait pas trop dit. Presque sympa.

Au point où j'en étais, je suis restée sur la même chaîne et ai commencé à regarder la cérémonie d'ouverture des J.O. de Pékin. Si j'avais été cohérente, j'aurais boycotté. Mais non. J'ai commencé à regarder en me disant que la plupart des cérémonies de ce genre sont plutôt ennuyeuses agrémentées de commentaires tout aussi ennuyeux des commentateurs. Bref, normalement, j'en avais pas pour longtemps.

Et puis non. Tant pis, j'ai tout regardé. Objectivement, le spectacle était sublime. Je sais qu'il s'agissait aussi d'un outil de propagande du pouvoir chinois. Mais c'était totalement grandiose. En regardant, je pensais au concepteur du spectacle : quelle magie ; aux danseurs, musiciens, acteurs, techniciens : quel travail ! Tout ça pour éblouir le monde : je comprenais. J'ai été éblouie. J'ai tout regardé comme une gamine qui regarderait les vitrines des magasins étincelants en pleine période de Noël. De la grâce et de l'élégance à l'état pure. Quel contraste avec la barbarie dont fait preuve ce régime chinois. Mais franchement, c'était bien. Je ne vais pas dire le contraire simplement parce que le pouvoir chinois est à combattre. Ce serait comme si je disais que mon ennemi n'a jamais de bonnes idées simplement parce qu'il est mon ennemi. Même mon ennemi peut avoir une bonne idée. Ca va me coûter de le reconnaître, mais il faut l'admettre. Une petite pointe de sagesse ne nuit pas.

Il y avait quelques fautes de mauvais goût. Les militaires qui haussent le drapeau olympique. Le président du comité olympique chinois qui prétend dans son discours que toutes les conditions imposées à Pékin pour organiser les jeux ont été satisfaites (sic !). La colombe de la paix lumineuse sur le sol du stade quand on fait parler les fusils et rouler les chars quand le peuple demande à s'exprimer.

Ca me sidère à chaque fois. L'homme est vraiment ambivalent. Perméable à la beauté, imperméable à la souffrance d'autrui. Le coeur endurci du président chinois a du fondre. Je me l'imaginais, rentrant de la cérémonie dans sa voiture austère, encore tout tremblant des appels à la paix, à la fraternité chantés, dansés, envolés dans ce stade (dont l'architecture me plaît beaucoup même s'il fut le prétexte à des expropriations sauvages) en train de rassembler ses conseillers pour changer de stratégie pour l'année à venir. Au programme : déclaration d'indépendance du Tibet, organisation d'élections libres, liberté de la presse satirique, prise en charge immédiate et sans compromissions des ouvriers et ouvrières mal traités, victimes de pollution, proclamation immédiate d'une déclaration universelle du droit au bonheur et obligation pour les dirigeants de la mettre en application. PEACE AND LOVE MES FRERES ET SOEURS, PEACE AND LOVE... Abandon du costar-carvate noirs pour des chemises à fleur comme Nelson Mandela, offrandes hebdomadaires à la déesse de l'amour, légalisation du canabis !... bon là je me calme.

Trêve de bêtises. Voilà à quoi doivent servir ces cérémonies où sont proclamées des valeurs universelles,  telles qu'elles nous ont été présentées cet après-midi à Pékin : nous sommes de passage ; accomplissons le merveilleux. Nous savons y exceller.
Par Marie-Kristine - Publié dans : je pense donc je pense
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