Mercredi 13 août 2008
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Ma petite ville de campagne, à peine 2 000 habitants. Son église, ses commerces, son centre aquatique, son marché !
Marché auquel je me rends quasi chaque semaine, retrouver le maraîcher, le poissonnier, la vendeuse de fruits et légumes avec laquelle je me paye des bosses de rigolade, mes petites marchandes de
produits biologiques. Je dis petite mais en ce qui concerne l'une d'elle je suis en dehors de la réalité parce qu'elle est très grande. En fait, petit ou grand, quand on fait du bio, on est
forcément grand et fort pour résister à la vague consumériste entretenue par les pouvoirs publics, les lobbies de la grande distribution et autres refourgueurs d'OGM.
Donc, sur mon petit marché, hier matin, grande effervescence ! Palpable. Une certaine tension régnait parmi les commerçants et les promeneurs (je n'ose dire consommateurs, pouark !), en tout cas,
elle faisait jaser dans les files d'attente. Cette tension avait la couleur bleu de l'uniforme des gendarmes venus contrôler que chaque exposant était bien en règle, accompagnés de quelques agents
de la répression de fraudes. Bigre !
Les voilà arrivés chez nos amies biologiques. Inspection de la certification, contrôle des étiquettes...
Ah ! Madame, il vous faut mettre la provenance des produits. Saperlipopette ! (oui, je suis pour une relocalisation des gros mots, merde et devenu trop mondialisé pour moi). Ils viennent de
mon jardin puisque biologiques. A priori, ces commerçantes là ne viennent pas d'Espagne ou d'Italie chaque semaine pour venir sur le petit marché de Normandie. Qu'à cela ne tienne,
c'est la règlementation. Bon. Acte ! Origine : France.
Ah ! Madame, il vous faut mettre la catégorie à laquelle appartiennent les produits. Pour le produits biologiques, c'est catégorie 2 ! Ronntudju ! (ça c'est pour les belges). Catégorie 2 pour des
produits biologiques. Ils sont cultivés sans pesticides, dans un environnement sain, ne participent pas à la pollution de la planète, ne subissent aucun traitement après récolte et ça, ce n'est pas
de la catégorie 1. Mais ça devrait être hors catégorie ou plutôt si catégorie 1+, XXL dans l'excellence environnementale.
Oui, mais Madame, regardez bien. vos légumes ne sont pas assez beau pour entrer dans la catégorie 1. Gaspe ! (ça c'est pour ma mère.) Pas assez brillants, contours irréguliers, un peu de terre par
ci, un peu de tâches par là. Bref, vos légumes, ils sont un peu moches pour le consommateur que je défends.
La rage au coeur, au ventre, à la tête, aux pieds, mes légumes sont de catégorie 2. Ô rage, ô desespoir, ô règlementation crétine, n'ai-je donc tant travaillé que pour cette infamie...
Gardons la tête froide et réfléchissons. Si j'ai bien compris, la définition d'un végétal de catégorie 1 serait celle-ci : contour nickel, brillance impeccable, aucune aspérité, aucune trace de
l'élément naturel dans lequel il est censé avoir poussé. La catégorie en question ne prend pas en compte le goût : puisqu'il est beau, il ne peut pas être dégueulasse (celui-la, je l'aime bien) ;
et s'il l'est, c'est tant pis pour toi ou pour ton porte-monnaie. Elle ne prend pas en compte non plus le nombre de kilomètres parcourus en avion ou bateau avec son quota de CO2 à la clé. On s'en
fiche aussi s'il a été irradié après récolte : après les fuites de la centrale du Tricastin, c'est pas un peu d'irradiation sur une pomme qui va traumatiser qui que ce soit.
Quand on y regarde de plus près, elle est très bling, bling cette catégorie.
En ce qui concerne cette règlementation, elle est de catégorie 1 sur l'échelle de la connerie administrative. Il fait quoi le Grenelle de l'environnement (dont on entend plus parler d'ailleurs).
Une reconsidération de cette règlementation serait bienvenue avec prise en compte de l'impact sur l'environnement de tout produit cultivé dans ce pays avec une grosse campagne d'information pour
inciter les gens à consommer intelligemment. Il y sont prêts, j'en suis convaincue.
Saperlipopettement vôtre.
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